Tics aléatoires
L'artiste transcende par le rêve sa curiosité
En créant au travers de son expérience de curieux
Un monde intérieur qu'il n'a de cesse d'explorer.
L'artiste est un curieux en circuit fermé !
Fab
L'artiste transcende par le rêve sa curiosité
En créant au travers de son expérience de curieux
Un monde intérieur qu'il n'a de cesse d'explorer.
L'artiste est un curieux en circuit fermé !
Fab
L’AMITIE
L’ami a mis
L’amitié
À moitié
Amidonnée
Dos à dos.
Nez à nez
L’animé
Met l’anis
Abîmé
À l'aîné
Mal-aimé.
Face à face
Je m’efface
Et repasse
Dans l’impasse
D’une crevasse
Vissée du vice
Et versa déversé
La nuit nuit
L’ennui
De minuit
Qui fuit
Et poursuit
Le bruit
Infini
D’un oui.
Un Fa, mie
De mon cœur,
Chante gémit
Mes douleurs
J’en frémis,
J’en pleure
Et implore
L’indolore,
L’inodore
Qui dort
Au loin.
PARIS-PRINTEMPS
Paris-printemps m’enivre puis dérive
Des livres en bateau sur la Seine
éméchée. Soleil engazé aux rives
penchées éclaire ma Raison, freine
ma pensée. Les quadrimobiles filent à
vive allure égrenées par une béatitude
endeuillée. Les passants baladeurs jettent
un œil au coin de la rue, puis le récupèrent
abasourdi à l’ami incongru. Un frère
Urbain de passage à Toulouse, errant
depuis bientôt mille ans en son torrent.
Paris-Printemps par un temps apprivoi-
sé de voisins avisés s’est enfui
Laissant derrière lui l’ennui du glacis.
Tapi sous la protection des Rois Perses
Sa chaleur transcende puis transperce
Ma chair arrachée aux pavés sableux
D’une plage-béton ténébreux.
Paris par un temps brun admire
L’arrivée bien au loin d’un été à venir ;
Ville impatiente en descente
indécente inaugure au soir l’obsédante
insomnie : figure passée de mes nuits,
Présage infini annonce l’ennui
Apprit un par un le temps d’une rime.
Le printemps au départ de Paris, crime
Estivale pleuré à l’automne orangé
Aux cris de violons monotones dérangés.
LES TOILES ETOILÉES
À Isabelle Chartier,
Mes songes prolongent une nuit où bleuie
Le regard d’un nénuphar vernis vert doré.
Eblouis par le voile : des milliers d’étoiles
Déployées sur les toiles à mes yeux se dévoilent.
Organe végétal étale en milles gammes
Tes couleurs foudroyantes, odeurs apaisantes.
Absorbé par les toiles étoilées et polychromes
J’aperçois une lune d’eau, cri des arômes.
Un touareg des airs, enlacé dans les ailes
De nymphéa, cheval au galop d’or pastel.
Libéré par l’envol aéré de Palonne
L’obscurité d’un Soir s’illumine et rayonne.
DRAPEAU NOIR
Soif argentée ornée de désirs mordorés,
Faim veloutée de mes cris étouffés ;
Expulsaient ma rage ambitieuse
D’un cadavre à l’âme paresseuse.
Épave immortelle au passé pesant
Porte à l’épaule un fusil indélébile ;
Arme l’encre dans les veines accusant
Les reflets de l’humanité sénile.
L’eldorado est un voile affiché
Au sein de nos amorphes cerveaux ;
L’homme est mort, place aux veaux !
Dans l’obscurité d’un fier drapeau
Excave l’espoir d’une lumière cachée,
Source d’allégresse, bonheur empêché.
REGARD
En lui, mes actes se multiplient…
Je m’évade en lui
Comme un prisonnier fuyant la nuit…
Je m’éclate en lui
Comme un poète échappant à l’ennui…
Je me reflète en lui
Comme la Lune devant la pluie…
Je m’égare en lui
Comme une larme que l’on essuie…
Je m’accroche en lui
Comme un acrobate à l’oubli…
En lui, un pacte s’est à jamais établit
Sans signature au bas d’une page que l’on plie ;
Jusqu’à la Vie
Eternellement endormie…
Aires infinies
à Pedro Eiras
Mourir seul même entouré
mal ou bien,
vivre l’Un seul même isolé
va-le-vient
entre eux et moi, lacéré,
impossible à
enlacer, corps épaulés.
La sibylle impalpable,
lointaine à
mon image coupable ―
Cassandra ―
Coupable d’être aimé
par toi
au-dessus de ma tête, et
vers Moi
le don s’est parsemé
à l’insu
d’un mensonge, ter-
rible issue :
La mort, la mort, la mort
morsure urgente, urgente
à tort, à tort, à tort… urgente
gente ausente
à voz…
OBSESSION
Je veux des mots
Plein la tête
Parsemée de rameaux.
Je veux lettres et
Cris dans l’en-tête
D’écorce d’un hêtre.
Je veux des phrases
Tel un pense-bête
Que l’éveil embrase.
Je veux par agrafes
Tirées, une dette
Aux paragraphes.
Je veux des pages
Entières, nettes
Sans verrous ni cages.
Je veux des livres
Et ma tête
Des maux ivres.
Je veux d’un vœu
Avouer ma bête
Idée du je.
Pyrogravure
Passant au sud do litoral esquecido
No palco amargo e sombro je drape l’oublié ;
La pause, à jamais savourée num suicídio vencido,
Foi pálida à beira-sol de mon amour-sablier.
Péniche à la Seine atravessada pelo olhar
Do par amoroso sempre attaché à l’inconnu ;
Elle sécha mes yeux parando agora de molhar
A pele oferecida em água soudainement nue.
Pyrogravé au bas de soie, o poema leva-nos
Na ponte abaixada sob o sal de mes passions-vertiges ;
La clarté parée d’émoi apaga e cega-nos
A luz encaixada no saule-pleurant ses tiges…
xiaPaz
ruomAmor
étnaSaúde…
L’ARCADIESE
Allons Pygmalions de l’écrit
L’écritoire est préparée,
Contre nous de l’hypocrisie
L’étendard noir est torturé.
Inspirez-vous dans les campagnes
Mûrir ces colosses obsessions,
Elles viennent en belles sensations
Abréger l’insomnie votre bagne.
Aux larmes écrivains
Prenez tous vos crayons,
Créez, créez,
Qu’une encre pure
Emeuve nos passions.
Créons, créons,
Qu’une encre pure
Emeuve vos passions.
Amour sacré de l’écrit
Séduis, soutiens nos seuls songeurs.
Liberté, liberté chérie
Combats avec tes défenseurs.
Sous nos chapeaux que les histoires
Accourent par mille vents,
Que les critiques expirants
Voient ton triomphe et notre gloire.
Le nœud d’une corde d’enclave
De maîtres, de mots parjurés
Pour qui cette ignoble entrave,
Censure dès longtemps préparée.
Pygmalions pour nous, ah quel outrage,
Quel rapport ils doivent concocter,
C’est nous qu’on ose menacer
De vendre à l’antique esclavage.
Quoi des cohortes ordurières
Feraient loi dans nos papiers,
Quoi ces phalanges si fières
Terrasseraient nos rêves déployés.
Grande Muse par des mains menottées
Nos songes sous le joug se tairaient,
De vils penseurs deviendraient
Les maîtres de nos destinées.
Pygmalions, en poètes unanimes
Eclairez par vos flammes
L’âme de ces tristes victimes,
Egarées à regret en Réclame.
Mais ces despotes rédactionnaires
Mais les complices du vice,
Tous ces tigres qui sévissent
Eviscèrent le sein de leur mère.
Tremblez diktat de l’écrit perfide
L’opprobre de tout être éprit,
Tremblez, vos desseins lettricides
Vont enfin recevoir leur prix.
Toutes les paroles pour vous abattre,
S’ils tombent nos jeunes hérauts
Le monde en produit de nouveau
Contre vous tous prêt à se battre.
Nous écarterons les barrières
Où nos aînés furent abattus,
Nous y sentirons leur poussière
Et l’exemple de leurs vertus.
Bien moins jaloux de leur survivre
Que de propager leur recueil,
Nous aurons le sublime orgueil
De les venger et de poursuivre.
Que l’amour, que l’écrit
Embrasent nos cœurs amoureux,
Ayons toujours l’âme nourrie
Des feux qu’ils inspirent tous deux.
Soyez réalistes, tentez l’impossible
Nos piètres ennemis échoueront,
Alors Pygmalions nous chanterons
Encore ce refrain, notre bible.
Aux larmes écrivains
Prenez tous vos crayons
Créons, créons
Qu’une encre pure
Emeuve vos passions.
LA POESIE
La poésie est dans la rue
Étroite de nos âmes errantes
Au bout d’une impasse incongrue.
La poésie est dans le cœur
Des passants et passantes
Saisis un instant par leurs peurs.
La poésie flâne dans l’air
Du temps qui trépasse
Au soir d’un hiver.
La poésie chante la rue
Sa frénésie sa cohue
Enivrante espérante.
La poésie
Et Cætera
Dessaisie
Et sera…
Je m'écris sur ma partition de chair mes tics en mi mineur Et m'ignore lorsque les cris et tics en chant et en son se font par l'écrit et l'éthique d'une chanson Chantons ! car mon cri est l'éthique de la révolte en haute tension Attendu que mes tics sont l'écrit de mes obsessions.